Les évêques maronites opposés à l’adhésion du Liban à la Charte des droits de l’enfant musulman
05 / 07 / 2007
L’Assemblée des évêques maronites s’est prononcée contre l’adhésion du Liban à la Charte des droits de l’enfant musulman, estimant que celle-ci est contraire à l’orientation civile de l’État libanais ainsi qu’à l’article 9 de la Constitution
Les évêques maronites ont en outre mis en garde contre la vente de terrains à des non-Libanais et contre l’abrogation du concours pour l’enrôlement dans les Forces de sécurité intérieure. Pas de politique, donc, dans le communiqué que l’Assemblée des évêques a publié hier au terme de sa réunion mensuelle présidée par le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir. Le texte s’attaque en premier au dossier de la vente de terrains à des étrangers. « Depuis que la loi levant les restrictions sur la vente de terrains à des non-Libanais a été promulguée, il y a quatorze ans, la superficie des terrains vendus sur base de décrets publiés au Journal officiel a dépassé les sept millions de mètres carrés, sans tenir compte des opérations de vente qui ne nécessitent pas de décrets et qui sont effectuées de façon détournée pour contourner les lois », indique le communiqué, avant de souligner que si ce processus se poursuit, « un jour viendra où les Libanais se retrouveront des étrangers sur leur propre terre ». Concernant la Charte des droits de l’enfant musulman, le communiqué rappelle que « le texte, selon lequel l’adhésion du Liban à cette charte ne porte pas préjudice aux droits des enfants non musulmans ainsi qu’au statut civil, a fait l’objet de nombreuses objections, similaires à celles que le projet de l’Isesco avait suscitées ». « Ce texte, estiment encore les évêques, va à l’encontre de l’orientation civile de l’État libanais et est en contradiction avec l’article 9 de la Constitution qui stipule ce qui suit : la liberté de conscience est absolue. En rendant hommage à l’Être suprême, l’État respecte toutes les confessions et en garantit et protège le libre exercice, à condition de ne pas porter atteinte à l’ordre public. Il garantit également aux populations, à quelque rite qu’elles appartiennent, le respect de leur statut personnel et de leurs intérêts religieux. » Et de poursuivre : « Ce qui caractérise le Liban, c’est la présence de 18 communautés sur son sol, dont une partie appartient au christianisme et une autre à l’islam. Les deux vivent ensemble dans un climat de liberté, notamment religieuse, ce qui a fait du pays un modèle de coexistence. Il est inacceptable que des fauteurs de troubles œuvrent à détruire ce partenariat convivial, pour qu’une partie ou une communauté porte un coup à l’autre, étouffant ainsi la liberté religieuse et favorisant le fanatisme aveugle. » Le communiqué des évêques rend un vibrant hommage à l’armée libanaise. Le texte, qui salue « l’esprit patriotique pur » de la troupe, souligne ainsi que « la cohésion dont les forces régulières ont fait montre, lors des batailles indispensables dans lesquelles elles sont engagées, commande un hommage particulier de la part de toutes les parties libanaises ». Les évêques ont exprimé en outre l’espoir d’un été calme au Liban, en affirmant : « Les vacances d’été approchent et c’est la saison durant laquelle les gens vont à la rencontre de la nature, si belle, au Liban. Espérons que la population, les émigrés et leurs invités pourront passer un été calme et serein, loin de l’odeur de la poudre, du sifflement des balles ou des détonations des canons. » L'orient le jour- 5 Juillet 2007